" la Madelon " 1914 - ( Bach )

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" la Madelon " 1914 - ( Bach )

Message  Hélène le Ven 1 Aoû - 5:27





La Madelon - 1914

Chanson créée par Bach

Paroles de Louis Bousquet - Musique de Camille Robert

Enregistrement de 1919, par Bach lui-même



Paroles

Pour le repos, le plaisir du militaire,
Il est là-bas à deux pas de la forêt
Une maison aux murs tout couverts de lierre
Aux vrais poilu c'est le nom du cabaret [*]
La servante est jeune et gentille,
Légère comme un papillon.
Comme son vin son œil pétille,
Nous l'appelons la Madelon
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
Ce n'est que Madelon mais pour nous c'est l'amour

Refrain
Quand Madelon vient nous servir à boire
Sous la tonnelle on frôle son jupon
Et chacun lui raconte une histoire
Une histoire à sa façon
La Madelon pour nous n'est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton
Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire
Madelon, Madelon, Madelon !

Nous avons tous au pays une payse
Qui nous attend et que l'on épousera
Mais elle est loin, bien trop loin pour qu'on lui dise
Ce qu'on fera quand la classe rentrera
En comptant les jours on soupire
Et quand le temps nous semble long
Tout ce qu'on ne peut pas lui dire
On va le dire à Madelon
On l'embrasse dans les coins. Elle dit : "Veux-tu finir..."
On s'figure que c'est l'autre, ça nous fait bien plaisir.

au Refrain

Un caporal en képi de fantaisie
S'en fut trouver Madelon un beau matin
Et, fou d'amour, lui dit qu'elle était jolie
Et qu'il venait pour lui demander sa main
La Madelon, pas bête, en somme,
Lui répondit en souriant :
"Et pourquoi prendrais-je un seul homme
Quand j'aime tout un régiment ?
Tes amis vont venir. Tu n'auras pas ma main
J'en ai bien trop besoin pour leur verser du vin."

au Refrain



Bach

Charles-Joseph Pasquier, dit Bach, né le 9 novembre 1882 à Fontanil-Cornillon dans l'Isère, près de Grenoble, a déjà plusieurs années de métier quand, vers la fin de 1913, un certain Louis Bousquet décide d'écrire des paroles sur une marche déjà connue (musique de Camille Robert) intitulée "Quand Madelon". - Bach s'y intéresse et comme elle correspond à son personnage de tourlourou, il décide de la créer à l'Eldorado au début de 1914. - Elle remporte un succès mitigé. - Polin, le premier comique troupier de l'époque, l'essaie à son tour, au Palais de Cristal de Marseille. - Même réception. On la remet dans les tiroirs. - Puis c'est la Guerre.

Bach ayant obtenu, en 1916, un engagement et l'autorisation d'aller chanter sur le front, la remet à son répertoire. Les poilus l'adoptent immédiatement et, en quelques mois, on la chante sur tous les fronts. - Polin la reprend à son tour, puis Moraize, Marcelly, Lucien Moratore... - Peu de temps après elle est traduite en anglais par J.-B. Basset et un certain Yvonnek l'interprète dans les camps américains où elle finit par remplacer leur célèbre "Over there". Les Anglais eux-mêmes s'y font prendre et on finit par l'entendre, dans leurs camps, presque aussi souvent que leur "It's a Long Way to Tipperary".

Elle durera jusqu'à la fin de la Guerre, puis, après, Bérard, celui-là même qui n'avait cessé de chanter " Le rêve passe" et d'autres chansons du même genre durant toutes les hostilités décide qu'il serait peut-être temps qu'il la mette à son répertoire : il en fait un enregistrement en 1923. Suivront son exemple plusieurs autres interprètes et pas les moindres : Georges Thill, en 1939, Line Renaud en 1955, Luc Barney en 1960, Paul Barré en 1964... (Martin Pénet - Mémoire de la chanson - Omnibus - France-Culture - 2001)

Chanson de Bach ou chanson de Polin,"Quand Madelon" finira par devenir une chanson de légende.

Or, si la carrière de Bach semble ainsi avoir débuté avec cette "Madelon", il n'en est rien car cela faisait déjà 15 ans en 1914, qu'il pratiquait son métier de chanteur-comédien, ses débuts datant de 1899, sur la scène des Variétés, à Montluçon.

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Petit, le corps enfoncé dans un uniforme trop grand (car il fut un temps un des grands comiques troupiers), la barbe rare, avec une voix mince, aigrelette même, Bach, comme tant d'autres, aurait pu passer inaperçu mais voilà : son rire est communicatif et son jeu, même sur disques, est d'une grande finesse. - De plus, il a ce don unique des grands comiques : celui de paraître moins intelligent que le moins intelligent de ses auditeurs.

On le sait au Casino de Grenoble en 1901, à Nice, Aix-les-Bains, Rouen, Lyon, en 1902, à Nîmes, Montpellier, Avignon, en 1903, au Chanteclair entre 1909 et 1911 (il a alors 27, 28 ans), au Libre Échange, en 1911 et puis à l'Eldorado à partir de 1913. - Il y chante alors les chansons du soldat malgré lui : " Avec Bidasse", "La Caissière du Grand Café" et ces autres succès que, ou lui, ou Polin créèrent de mois en mois, d'années en années.

Après la guerre il se tourne vers la revue. Il est aux Folies Bergère, entre 1919 et 1924 (où il en mène pas moins de sept), à la Gaîté-Rochechouart en 1927, au Casino de Paris en 1929, avec Harry Pilcer et Marie Dubas (dans la revue Paris qui charme), à l'Éden-Concert entre 1929 et 1933 mais plus en comédien-chanteur que chanteur.

Depuis 1926 ou 1927, il fait en effet équipe avec Henry Laverne et les deux montent des sketches - qu'ils jouent devant un rideau ou avec un décor minime. - Les titres en disent longs sur leur contenu : "À la poste", "Au bureau des naissances", "Au cinéma" ; "Chez l'apothicaire", "[Chez] l'avocat", "Le boucher", "Le chapelier", "Le coiffeur, "Le contrôleur des contributions", "Le costumier", "Le juge", "Le peintre", "Le percepteur", "Le photographe"... "En chemin de fer", "Réunion électorale", "Les travailleurs du chapeau", etc. - D'un de ces sketches, Tout va bien (1931), Paul Misraki s'inspirera pour écrire sa chanson : "Tout va très bien, Madame la Marquise" et le grand Fernand Raynaud n'hésitera pas à leur emprunter leur "Toto, mange ta soupe".

De ces sketches, Bach et Laverne en ont enregistré plus de 150 [*] entre 1928 et 1938. Le plus connu aujourd'hui est sans doute ce "Z'allo ! Z'allo !" qui n'a cessé d'être repiqué depuis la venue des 33 T.




Disque Odéon 250.430 - Mars 1933

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